un extrait de l'interview
Michael Jackson selon ses propres mots
(par Bryan Monroe)
Bryan Monroe:ça vous fait quoi de savoir que vous avez changé l'histoire de la musique?
Michael Jackson:Je suis heureux de voir que nous avons ouvert des portes, que ce travail a fait avancer des choses. Partir en tournée, dans le monde entier, voir l'influence de cette musique dans les stades. Quand vous regardez au loin une fois sur scène, aussi loin que votre oeil vous le permet, c'est incroyable de voir tous ces gens. C'est un sentiment merveilleux, mais ce n'est pas venu sans douleur.Quand vous être au sommet de votre art, le premier dans votre domaine, les gens viennent vers vous. C'est là que ça se passe, peu importe qui se trouve au sommet, vous cherchez à vous en rapprocher.Mais je me sens reconnaissant: tous ces numéros 1, les plus grands albums, tous ces records. Je me sens toujours reconnaissant. Je suis quelqu'un qui avait l'habitude de s'asseoir dans le salon pour écouter mon père jouer Ray Charles. Ma mère me réveillait à 3 heures du matin, en me disant:" Il passe à la télé, il passe à la télé!" Je courrais jusqu'au poste et je regardais James Brown, je me disais: "Voilà ce que je veux faire"
Bryan Monroe:Que pensez-vous de toutes ces choses écrites à votre sujet? Toutes ces choses que vous lisez, qu'est-ce que cela vous fait?
Michael Jackson:Je n'y prête aucune attention. C'est de l'ignorance. Et cela ne se base sur aucun fait. Cela repose plutôt sur des mythes, vous voyez. Le gars qu'on ne voit jamais: dans chaque quartier, il y a un voisin que personne ne voit, et tout le monde parle de lui. Ca crée un tas d'histoires sur ce qu'il aurait fait ou pas fait. Les gens sont fous!Je n'aspire qu'à créer de la bonne musique.Mais pour revenir sur le Motown 25, une des choses qui m'a le plus touché est le moment qui a suivi ma prestation sur Billie Jean. Je n'oublierai jamais cela. Dans les coulisses, il y avait Marvin Gaye, les Temptations, Smokey Robinson et mes frères. Ils m'ont tous pris dans les bras pour m'embrasser. Richard Pryor s'est approché de moi et a dit [d'une voix très calme]: "C'est tout simplement le meilleur numéro que j'ai jamais vu". C'était ma récompense. J'admirais ces personnes depuis mon enfance, et les voir ainsi me féliciter et me montrer à leur tour mon admiration, je me suis senti honoré. Le lendemain, Fred Astaire m'a appelé. Il m'a dit: "Je t'ai regardé hier soir, et j'ai enregistré l'émission. Je l'ai regardée à nouveau ce matin. T'es un sacré danseur! Tu les a mis sur le cul!". Plus tard, quand je l'ai vu, il a fait ça avec ses doigts (Il mime un moonwalk, ses deux doigts glissant sur la paume de son autre main).Je me rappelle très clairement comment j'ai exécuté ce numéro, et je me souviens m'en être voulu car ça ne ressemblait pas exactement à ce que je voulais: je souhaitais en faire plus. Mais plus une fois que j'avais fini. Un petit enfant juif est venu me voir dans les coulisses. Il m'a regardé et dit : "Qui t'a appris à danser comme ça?" [Rires] J'ai répondu: "Dieu, je pense... et les répétitions".




